Nouvelle histoire de la chèvre de Monsieur Seguin

Cathy Garcia est poète et écrivain, elle habite dans le sud-ouest de la France où  elle édite et dirige une revue: "Délits de Poésie", que vous pouvez visiter dans son site: http://monsite.wanadoo.fr/delitdepoesie

La nouvelle histoire de la chèvre de Monsieur Seguin commence où s’achève la version que nous connaissons tous:  « et au petit matin, le loup la mangea »…

Et bien non !

Dans la nouvelle histoire de la chèvre de Monsieur Seguin, au petit matin, le loup ne la mange point.

Les romantiques aiment à penser que la petite chèvre se défend toute la nuit avec tant de cœur que le loup, lui, n’a pas le cœur à la manger… Mais un loup est un loup !

Or, c’est un jeune loup qui surprend la biquette à la tombée de la nuit, jeune et donc pas encore très expérimenté. La petite chèvre ne se laisse pas faire, elle ne lui épargne ni coups de dents, ni de sabots, ni de cornes. Plus d’une fois, le loup doit battre en retraite. Elle en profite pour se jucher au sommet d’un rocher lisse et abrupt sur lequel il peine à se hisser. Plusieurs fois il tente de bondir sur elle, ce qui lui vaut de belles estafilades !

Au petit matin, le voilà aussi éreinté que l’irréductible biquette. Une vraie diablesse celle-là !

Il tourne, tourne au pied du rocher et puis soudain, il hume une odeur, celle d’entre toutes dont il doit se défier : l’odeur de l’homme.

Notre jeune loup détale aussitôt, abandonnant enfin sa proie haletante, sanguinolente, exténuée mais vivante !

 

Cette odeur humaine, n’est autre que celle du vieux Seguin. Et oui !

Le brave homme a vu partir trop bon nombre de chèvres, alors cette fois il ne s’est pas contenté d’appeler, appeler du fond de la vallée. Il n’est pas resté en bas dans sa maisonnette, à se lamenter.

Non ! Cette fois il a pris son bâton et il est parti à la recherche de sa Blanchette, bien décidé à la retrouver avant que le loup ne la mange.

Il la cherche toute la journée. Il l’appelle, l’appelle mais jamais elle ne répond. Il n’entend et ne voit que ses cousins dissipés, les chamois. Il la cherche encore tout au long de la nuit…

L’aube commence à caresser les sommets et le vieux Seguin est sur le point de renoncer. C’est en levant la tête vers les sommets justement, qu’il la découvre.

Elle est là, étendue, sur un rocher très haut perché. Sa robe blanche semble éclaboussée du même rouge qui s’épanche sur le flanc des montagnes. 

 

Monsieur Seguin s’accrochant des deux mains, entreprend l’escalade et lentement s’approche d’elle. La chèvre l’observe, émet un léger bêlement et aussitôt se redresse sur ses pattes en titubant. Le regard enflammé, arc-boutée, elle pointe ses cornes. Comme elle est belle, songe Monsieur Seguin en souriant. Belle et si fière. 

 

« Allez Blanchette, du calme, c’est moi !

C’est moi le vieux Seguin. Alors comme ça, toi non plus tu ne te plaisais pas chez moi ?

Fallait que tu te sauves à ton tour, hein ?… Elles se sauvent toutes ! »

 

Le vieux en soupirant s’adosse à la paroi, tout près de la chèvre, encore vaillante malgré ses blessures.

Il décroche sa gourde et boit longuement, puis il verse un peu d’eau dans une écuelle et la pose en équilibre sur le rocher. De sa besace, il sort un morceau de pain, un autre de fromage et un peu de sel qu’il met sur son poing. La chèvre qui n’a pas manqué un seul de ses gestes, accepte le présent et vient lécher le sel.

Ils mangent ensemble, rêvassent ensemble, tous deux installés sur le rocher, jusqu’à ce que le ciel bleu soit mûr et que la montagne parée de toutes ses senteurs soit totalement offerte au soleil.

Comme il se sent bien là, le vieux Seguin, près de sa chèvre !

Cela faisait si longtemps qu’il n’était pas monté tout là-haut, il avait oublié comme c’est beau !

Si beau, si bon ! Des bouquets de souvenirs lui reviennent en mémoire, des odeurs, des sensations.

La chèvre en léchant soigneusement ses plaies, nettoie de sa langue râpeuse les longs poils de sa robe tachée. Elle finit par s’écrouler la tête sur les genoux de Monsieur Seguin, vaincue cette fois, mais par la fatigue.

Le vieux la contemple un long moment et il comprend.

Il comprend soudain pourquoi les chèvres s’enfuient, même au péril de leur vie !

Il réalise bien des choses, tout à coup, des choses qui le ramènent loin en arrière ; des choses qu’il savait puis qu’il a oublié, petit vieillard isolé, taciturne, qui enferme ses chèvres dans un tout petit enclos, accolé à sa petite maison au fond de la petite vallée.

 

Enfant, il les suivait les chèvres sur les chemins des montagnes, grimpait avec elles sur les crêtes et parfois même au péril de sa vie. Adolescent, il gardait des troupeaux entiers, ceux de son oncle, là-haut tout l’été et il s’était senti comme un roi parfois, libre et heureux. Il avait même connu une petite chevrière !

Oui. Il avait même été amoureux…

Tout ça, c’était avant de s’en aller. Avant de partir pour la ville, loin des montagnes.

A la ville pour travailler, devenir un homme respectable, comme ils disent.

Ah, il a travaillé, ça oui ! Tellement que jamais il ne s’est trouvé le temps de rencontrer une femme, une épouse avec qui il aurait pu partager les quelques économies, amassées tout au long de ces années de labeur.

Des années passées à additionner des milliers et des milliers de colonnes chiffrées, des années, rivé à son petit bureau dans le sombre cabinet au 26, rue des Abattoirs.

Son petit appartement à deux pas de là, Impasse des Lilas.

Un parcours et des habitudes. Le petit noir au comptoir de madame Charles. Parfois un jambon-beurre avec un petit verre de rosé à midi quand il n’avait pas préparé sa gamelle la veille. Un demi bien frais les soirs d’été lorsqu’il tardait un peu avant de rentrer et qu’il se surprenait à suivre du regard un mollet ou deux. Il s’installait en terrasse. Deux jolies jambes dénudées, une jupe à fleurs qui dansait…

 

Monsieur Seguin vieillissait, toujours pas de famille. Le jour de la retraite est arrivé avec de brefs hommages et les remerciements de circonstance, un peu froids comme l’a toujours été ce cabinet.

Avec le petit pécule qu’il s’était constitué, il a acheté une petite maison au pied des montagnes de son enfance. Il les aimait, pour sûr !

Il en avait même gardé une photo accrochée face à son bureau pendant toutes ces années. Elle avait jauni la photo, mais les montagnes, elles, sont toujours aussi belles, immuables, majestueuses.

Pour égayer sa solitude, mettre de la vie dans la petite maison, il a acheté une petite chèvre, toute jolie, toute câline, joueuse, malicieuse. Puis peu de temps après, il a dû la remplacer, puis une autre encore et l’une après l’autre les chèvres s’enfuyaient pour aller gambader dans les montagnes et l’une après l’autre, le loup les mangeait.

Pas cette fois, songe le vieux, pas la Blanchette ! Elle est là, belle et bien sauve.

 

La Blanchette se réveille, elle lèche de nouveau longuement plaies et poils.

Elle a bien meilleure mine de chèvre ! Le vieux somnole encore. Soudain, la voilà qui pousse un bêlement tonitruant qui la remet sur pattes. Elle saute au bas du rocher.

Le vieux Seguin sursaute, puis sans hésiter se lève aussi, prend son bâton, sa besace et la suit.

D’abord d’un pas un peu lourd, il s’appuie sur son bâton, parfois en soufflant et puis peu à peu, au fil des heures, son pas se fait plus léger. De jour en jour plus sautillant, bondissant !

Monsieur Seguin sifflote, s’esclaffe devant les cabrioles de la Blanchette et commence à goûter pleinement sa nouvelle vie de vagabond.

C’est presque l’été, la nature est prodigue, les torrents tout frais, les nuits suaves sous les étoiles, si douces au fond des vallées. Dormant dans les granges, dans le foin, dans les cahutes de bergers, de village en village, ils vont, sa chèvre et lui et personne ne les ignore, certains même sourient. De cols en vallées et de vallées en sommets, Monsieur Seguin est heureux !

Il ne se rappelle pas l’avoir été autant, en tout cas pas depuis l’époque de la jolie chevrière.

Un beau matin, de passage après une foire, Monsieur Seguin trouve, abandonné dans un coin, un violon.

En bien piteux état certes mais tout de même ! Un violon !

Le vieux sent son cœur battre dans sa poitrine quand il se baisse pour le ramasser. C’est qu’il sait en jouer du violon, depuis tout gamin ! Il a appris avec son oncle qui lui en avait offert un pour sa première communion. Son oncle était si fier de lui qu’il l’avait très vite appelé le virtuose !

Puis, quelques années plus tard, le jeune homme d’alors avait revendu l’instrument, juste avant de partir travailler à la ville. Avec l’argent, il s’était acheté un beau costume, dont sa mère avait été si fière et ses petits frères, verts de jalousie, quand il revint les voir pour la première fois. En visite.

Elles s’étaient espacées les visites peu à peu car il n’avait plus beaucoup de temps, il avait de nouvelles responsabilités. Il était devenu comptable.

Quand son père décéda, il vint pour l’enterrement et s’occupa des papiers. Ses petits frères couraient la montagne avec les chèvres et sa mère vieillissait, se recroquevillait.

Il vint la voir un peu plus souvent, puis un jour il ne revint plus. Sa mère reposait désormais au vieux cimetière derrière la chapelle, avec son époux bien et malgré tout aimé. La maison avait été alors vendue, il s’était occupé des transactions. L’argent fut partagé entre lui et ses deux frères qui étudiaient dans le nord du pays.

Ils ne s’étaient jamais revus mais chaque fin d’année, ils échangeaient une carte de vœux.

Ses frères s’étaient mariés, la famille s’arrondissait de listes de prénoms que Monsieur Seguin senior finissait par confondre. De plus en plus de signatures étranges et colorées accompagnées de grosses fleurs baveuses, accompagnaient les vœux plus traditionnels et parfois une photo de bambin joufflu et hilare…

Ce violon donc, que le hasard a remis entre ses mains, le vieux Seguin se met en tête de le réparer, avec quelques outils de fortune. Il s’y connaît tout de même un peu.

Un tzigane lui file un coup de main, lui offre des cordes neuves et l’invite en échange à l’accompagner lors d’une fête de village. Une soirée endiablée à faire danser les jeunes gens ! La Blanchette rivalise avec eux pour attirer l’attention et elle y parvient même, la bougresse ! Le vieux Seguin, son violon accordé, a pu en tirer un son ma foi, fort convenable.

Dès lors, lui, la Blanchette et le violon n’en finiront plus d’enchanter les enfants, les femmes, les hommes, les animaux, tous ceux qui les voient passer sur les places et les chemins, les arrêtent pour leur offrir un coup à boire, qui des œufs, qui un fromage, qui le quignon avec la soupe.

Le vieux joue, la chèvre danse. Vraiment ! Je vous assure, la Blanchette elle danse, fait des rondes avec les enfants qui rient aux éclats en essayant d’attraper sa jolie toison de neige qui leur glisse entre les doigts.

Partout où ils passent, oui on peut dire qu’il y a du bonheur, de la joie dans les yeux !

Les chats ronronnent, les chiens remuent la queue, les poules pondent de beaux œufs…

La chèvre est heureuse, elle aussi, pimpante dans sa belle robe toute soyeuse. Amie des enfants et des fermières, elle n’a pas sa pareille pour séduire ces dernières et se faire refiler les bons restes.

Oui, elle est heureuse la petite chèvre et comme elle l’aime le vieux Seguin et comme il le lui rend bien !

Il lui garde les meilleures friandises, ne passe pas une journée sans lui parler, la flatter, lui gratter la tête, le menton. Il joue avec elle, cède à bien de ses caprices depuis ce jour où pour la toute première fois, il lui a laissé choisir le chemin et l’a suivie.

Elle est son porte-bonheur, comme ce violon que le vieux serre parfois si fort sur son cœur, fermant les yeux ! Il en extrait alors des mélodies extraordinaires, si poignantes, si belles que même la Blanchette ne bouge plus. Elle reste là à le fixer démesurément. Parfois elle le voit soupirer, tandis qu’il plonge son regard usé dans ses grands yeux noirs à elle, ses yeux de caprin.

Les saisons s’enchaînent, l’hiver est presque doux. Il y a toujours dans une vallée ou une autre, une petite maison vide, une bergerie qui ne demande qu’à être réchauffée par un bon feu de cheminée.

En ces temps-là, le bois, la nourriture, quelques couvertures et même parfois le gîte, ne sont pas difficiles à trouver pour qui a peu de besoins et beaucoup de générosité. Il se trouve toujours quelqu’un à qui donner un coup de main et qui ne rechigne pas à partager sa croûte.

Le vieux Seguin, il invente de jolies histoires pour ses hôtes, en assurant que c’est la Blanchette qui les lui enseigne, celle-ci acquiesce, ce qui fait beaucoup rire les enfants.

Il compose de belles mélodies, de celles qui vous remuent tout en dedans. Il s’est même mis à chanter tout en jouant du violon et parfois la Blanchette l’accompagne de ses doux bêlements.

On les invite aux mariages, aux baptêmes, à toutes les fêtes de village et même une fois pour un enterrement. Celui d’un jeune Rom fauché par la maladie et pour qui les violons ont fait pleurer les roulottes des jours et des nuits entières.

C’est avec eux qu’il s’entend le mieux, les gens du voyage. Il apprend à les connaître et ils le respectent parce qu’il aime la musique et parce que comme eux, il est fils du vent. Il ne s’arrête que pour mieux repartir. Monsieur Seguin ne parle jamais de sa vie à la ville, il semble l’avoir oubliée.

Chez les Rom, il apprend aussi à soigner les bêtes, les chevaux surtout et plus tard parce que quelques braves gens insistent vraiment, il en soigne quelques-unes contre un peu d’argent. Ses soins sont simples mais efficaces et sa réputation commence à le précéder.

Ainsi comme ça, la vie s’écoule, pleine et ronde comme la lune !

Le vieux et la chèvre n’en finissent pas d’arpenter le pays. Elle lui fait parfois quelques petits faux bonds, des rendez-vous galants très certainement, mais elle revient toujours, il n’a plus besoin d’aller la chercher, c’est elle qui le trouve.

Ils mangent à leur faim, dorment tout leur soûl, vivent comme des rois.

Rois vagabonds, les seuls à posséder vraiment le monde, à en jouir pleinement.

Un jour pourtant, le vieux Seguin commence à fatiguer. La Blanchette le sent. Il ne joue plus avec le même entrain, leurs étapes sont plus longues, le vieux tousse souvent, il dort mal, perd l’appétit.

Elle a beau redoubler d’ardeur et de malice pour l’égayer, il sourit à peine même si le cœur y est.

Les nuits sont douces car ils restent dans la vallée. Le vieux Seguin bien que l’été soit revenu, retarde sans cesse le moment de grimper. Tôt un matin, pourtant, il se décide.

C’est une belle journée qui s’annonce, le ciel est limpide avec quelques étoiles encore accrochées. Blanchette toute joyeuse, gambade en avant sur le sentier, s’arrêtant pour humer l’air, croquer un brin de serpolet et repartir, d’un coup de corne dans le talus, comme ça, pour jouer ! Mais le vieux Seguin ne joue pas, il marche lentement, en silence et visiblement l’effort lui coûte.

Il s’arrête plusieurs fois dans la montée, pour souffler, se reposer, parfois quelques heures et quand ils parviennent au col, la nuit est déjà presque tombée.

Rassemblant quelques pierres, du petit bois, quelques bûchettes de résineux, il allume un feu. Quand celui-ci se met à crépiter joyeusement, offrant ses bouquets d’étincelles à l’obscurité, il sort de sa besace un morceau de pain pas trop rassis, un bon bout de fromage, du sel, des petites prunes juteuses et débouche une bouteille de vin.

La chèvre vient près de lui, il partage le pain et se met à manger en fixant le feu.

De temps en temps, il prend une rasade de vin. Une belle couleur ce vin. Mêlé aux flammes, il pose un doux reflet sur les joues du vieillard et griffe une belle lumière dans son regard.

La chèvre a englouti le pain, mendié du sel mais dédaigne les prunes. Le vieux en mange quelques-unes puis prend deux nouvelles bonnes rasades du beau liquide grenat. Il sourit à la chèvre et saisit son violon.

Le serrant tout contre son cœur, il caresse délicatement les cordes de la pointe de l’archet et aussitôt les notes jaillissent, limpides ! Se joignent aux étincelles pour inonder les cieux, la nuit, immense…

Tout là-haut sur la montagne, le vieux Seguin joue la plus poignante mélodie qu’il n'ait jamais jouée !

Il a fermé ses yeux, tout entier transporté et ne réalise pas encore que quelqu’un s’est mis à chanter.

Une voix. Une voix merveilleuse, tendre, chaude et il ouvre les yeux. Devant lui, au bord de la crête une femme danse, une femme magnifique ! Elle danse et elle chante. Sa voix semble à la fois venir d’elle et des cordes du violon que l’archet ne cesse de caresser. Elle vient avec la brise qui enlace les cimes, elle vient de partout, du cœur même de Monsieur Seguin qui pleure les yeux grands ouverts.

La femme danse et chante, sa longue chevelure d’une blancheur éclatante, ruisselle sous la lune.

Elle tourne sur elle-même, gracieuse, rayonnante, elle s’approche lentement.

Bientôt, seul le feu les sépare. Elle sourit, radieuse, enchanteresse et lui, le vieux Seguin, ne cesse de jouer, de ses yeux les larmes ne cessent de s’écouler. Il a envie de chanter aussi, de hurler de bonheur, mais il ne peut émettre un son, il ne sent pas les flammes venir lécher le violon.

Il tombe. Il roule sur le côté et elle, elle se penche sur lui. Elle prend sa tête entre ses mains, il sent sur son visage le frôlement doux et odorant de ses longs cheveux. Elle plonge ses grands yeux noirs dans les siens.

Bercé par sa voix, il goûte son baiser, cette chaleur violente dans le cœur avant de basculer avec elle qui le serre, tout contre elle, fort, si fort, absolument et divinement fort.

Les cendres ont refroidi. L’oiseau matinal se frotte le bec.

Sur un lit d’herbe rase constellée de rosée, Monsieur Seguin repose près de son violon calciné.

La chèvre couchée près de lui semble le veiller. Sa robe blanche a des marques sombres.

Le vieux Seguin… Elle ne peut se résoudre à le quitter.

Elle passe la journée là, auprès de lui, sans manger, ni boire.

La nuit vient. La Blanchette sait et elle attend.

Et cette nuit-là, le loup l’a mangé.

 

Cathy Garcia

Le Bourg

46260 LARAMIERE

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